C’est à l’époque de Pierre II de Bourbon sous les auspices d’Anne de France, son épouse et fille de Louis XI, que la renommée de Moulins et la puissance de la famille ducale atteignent leur apogée, même si la peste ronge la
ville avec virulence dès la fin du XVe siècle.
La cathédrale de Moulin est ornée d’un magnifique
triptyque : Le fameux triptyque du Maître de Moulins.
Mais qui est cet artiste ?
Le Maître de Moulins est un peintre anonyme, dont l'identité fait encore l'objet d'un débat, qui exerça son activité de 1483 à 1500 auprès de la cour des ducs de
Bourbons.
Sa réalisation la plus connue est le triptyque de la cathédrale de Moulins. Le panneau central représente une Vierge à l'Enfant
adorée par des anges. Les panneaux latéraux, quant à eux, sont les portraits du duc
Pierre
II et de la duchesse Anne de France avec leur fille Suzanne.
Diverses tentatives ont donc été menées pour identifier le Maître de Moulins avec des artistes connus tels : Jean Hay (ou Jean Hey) ou Jean Perréal) ou Jean Prévost, mais aucunes n'a remporté l'assentiment général.
On peut admirer également une Vierge noire du XIe siècle, un groupe sculpté gothique flamboyant représentant la « déploration du Christ. » Le trésor de la cathédrale abrite un Christ reliquaire en ivoire du XVIIe siècle, un triptyque d'Aubery, un autre de Bethléem attribué au flamand Joos Van Cleve.
Rappel :
Le 6 décembre 1491, Anne de Bretagne épouse officiellement au château de Langeais le roi de France Charles VIII. Ce mariage est conclu en urgence, et validé après coup par le pape
Innocent
VIII (le 15 février 1492) qui se décide à adresser à la cour de France l’acte
d’annulation antidaté du mariage par procuration d'Anne avec Maximilien, considéré comme n'ayant jamais existé. Les époux s'échangent par le contrat de mariage leurs droits sur la Bretagne ;
le contrat comprend également une clause de donation mutuelle au dernier vivant. En cas d'absence d'héritier mâle, il est convenu qu’elle ne pourra épouser que le successeur de Charles
VIII[3]. De cette union naissent six enfants, tous
morts en bas âge.
En 1494, Charles VIII projette d’envahir l’Italie, et pendant qu’il reste à l’étranger, il confie la famille royale et le gouvernement de la France au duc Pierre II qu’il nomme lieutenant-général du royaume. Pierre II ne va pas s’installer à Paris, mais avec la famille royale à Moulins, qui devient alors la véritable capitale du pays[2].
Anne de Bretagne se retrouve ainsi à Moulins près du grand maître de Moulin…Lui a-t-elle commandé des œuvres d’art ?
Après la mort de Charles VIII, elle épouse en deuxièmes noces Louis
XII, le 8 janvier 1499, à Nantes. Là aussi, l’acte d’annulation du mariage du roi avec Jeanne de France
n’était pas parvenu quand le mariage a lieu, mais la décision du pape était cette fois-ci
certaine.
Anne de Bretagne s'entourait d'artistes comme :
Jean Perreal ou Jean de Paris , Michel Colombe, Jean Bourdichon…
*Léonard de Vinci mentionnera Jean Perreal en tant que technicien. Ce dernier l ‘avait rencontré à Milan ou peut-être en France. On peut penser que Jean Perreal était un directeur des travaux plutôt qu’un exécutant. Même si on lui attribue des peintures … Les preuves tangibles de son activité d’artiste peintre nous échappent.
*Jean Colombe ne semble pas avoir travaillé pour Anne de Bretagne directement mais avec l’aide d’un groupe de peintres de l’époque.
*Jean Bourdichon disposait de nombreux élèves qui copiaient sa façon de peindre..la fameuse école de Rouen qui a travaillé pour Anne de Bretagne mais aussi pour Georges d’Amboise. Les heures de M. Bourdichon sont un chef-d’œuvre bien connu !
D’autres peintres ont présenté des œuvres d’art à Anne de Bretagne.
Alors qui était le peintre officiel d’Anne de Bretagne ? Etait-ce le maître de Moulins ?
L’admirable tombeau qu’elle fit élever pour ses parents montre une princesse sensible à la beauté de l’art.
Femme de tête, lettrée et cultivée nous aimerions savoir quelles directives elle put donner à ces artistes et qui en était réellement le grand maître !
Un Italien ami du roi de France comme Léonard de Vinci n’était-il pas déjà l’exécutant discret de tout ces peintres de la Cour de France ?
Il faut laisser du temps au temps…un autre génie saura nous le dire un
jour !
Anne
de Bretagne
PHOTO